Revue de Presse du 29 Avril 2016 : Pauvre académie …

Un philosophe en visite à nuits debout, cela devrait apporter de la structuration, de l’intelligence, du discernement … Et si, de surcroit, le professeur de philosophie est académicien, les étudiants de base penseront que le penseur agrégé saura agréger de la beauté littéraire, de la noblesse oratoire, de l’éclat rhétorique à ce grand foutoir d’idées insouciantes et désordonnées …

Toutefois, cette nuit debout là, le dialecticien n’était pas dans une forme académique en matière de répartie ; il est reparti en criant simplement gnagnagna pauvre conne … la pauvre conne vers qui allait cette élogieuse tirade venait de lui dire ; tire-toi ; dégage … et autres repoussantes délicatesses …

Il faudrait parfois que les académiciens retournent à l’école, la petite, l’élémentaire, pour réapprendre à parler convenablement et respectueusement …

Cependant, une école, une vraie, ce n’est pas qu’un bâtiment, des salles, des dessins décorant les murs, des tables et chaises petites, des lettres et cartes grosses, des écoliers souvent, un philosophe puni et, accessoirement, un académicien grossier : en effet pour faire une école authentique, il faut également un enseignant …

 

Et il semblerait bien que nos écoles de la République manquent d’enseignants, selon la FCPE, chaque matin de nombreuses classes ne peuvent se tenir faute de ce que, anciennement, l’on appelait une institutrice, un instituteur : cette Fédération a recensé que, précisément 20 milles fois depuis la rentrée, l’institution nationale et publique n’a pas fourni d’enseignant à une classe d’élèves qui furent éparpillés dans d’autres classes, pour se spécialiser dans les coloriages et les dessins …

Pour proposer des carrières attractives et former des enseignants, il faudrait un budget digne de cette noble tâche … Pour constituer ce budget, empêcher l’évasion fiscale serait amplement suffisant …

 

Aller, une bonne nouvelle, le petit peuple a fait reculer la folie libérale du gouvernement en matière de réforme du code du travail ; il reste encore beaucoup à faire, ou plutôt à défaire, de cette réforme compliquée ; appelée une simplification par les grands gourous de la communication dont le bon métier consiste à abrutir le peuple ; ce qui peut parfois le rendre brutal pour se défendre de cet abrutissement …

 

Un autre philosophe, plus éclairé que notre médiatique académicien, plus inspiré aussi, ne disait-il pas :

La condition d’un peuple abruti est pire que celle d’un peuple brut …

Ajouter un commentaire