Revue de Presse du 24 Février 2017 : Une élection princière …

Elles arrivent doucement, portées par le long écoulement des discours, des scandales, des petites phrases, des boniments, des démentis, des fausses vérités, des vrais menteurs ; bientôt il va falloir choisir, élire, dire, et pire, qui sait, peut-être, se taire …

Elles arrivent … Telle une tribale coutume, un rituel sacré où le peuple siffle ou applaudit, idolâtre ou déteste, se dispute, se déchire et s’agite autour des médias comblés par cette aubaine d’audience …

Nous allons élire un prince et ce procédé participe de la démocratie : belle rencontre des contraires, belle dilution des impossibles dans le grand tourbillon des possibles …

Démocratie ; parce que le peuple est souverain, muni de son petit bulletin de vote, il pense écrire, par avance, quelques phrases dans le grand cahier de L’Histoire …  Ainsi, les électeurs diront ce que fera, ou plus précisément, ce que devrait faire, le candidat vainqueur de cette prochaine élection présidentielle, puisque d’elle il s’agit …

Prince : parce que, une fois élu, il fera ce que bon lui semble, s’empressera de ralentir, voire même de reporter, l’application du programme qui l’a fait président ; parce qu’il écoutera les tribus de la finance, les clans de l’énergie nucléaire, les grands groupes de pression du patronat et fera taire le peuple si nécessaire … Parce qu’il sera l’habitant d’un palace, se fera servir par des valets, conduire par des chauffeurs, et pourra baiser à sa guise, prendre une maitresse et l’autre chasser … Prince encore, il choisira sa cour et ses ministres, le premier d’abord, selon son gout et non celui de l’électeur …

Monarque, il pourra annuler une décision prise par les magistrats et remettre en liberté qui bon lui semble, quand bon lui semble …

Notons que, s’agissant du prochain édile supérieur de l’état, il serait, ci-dessus,  convenable d’associer : il : et : elle … Toutefois, pour cette élection présidentielle-là,     et informé des intentions de vote, une écriture féministe fait encore plus peur qu’une pronominale prédominance machiste … Et que le prince soit une princesse n’arrangerait pas forcement les affaires des grincheuses et autres simplets qui l’auraient élue …

En résumé, la place est belle et la bataille est rude pour la prendre … Le meilleur, pour la démocratie serait de supprimer cette fonction princière ; mais pour effacer cette antiquité de notre constitution, il faudrait que le prince lui-même, après une si dure bagarre, une fois élu, soit l’artisan de cette réforme et redonne le pouvoir au parlement …

Il est rare que les princes, fussent-ils républicains, détruisent les principautés …

 

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