Revue de Presse du 27 Novembre 2016 : Les Passeurs d'Hstoire, Grande et petites ...

Parfois les petites histoires rencontrent la Grande, cela peut arriver au détour inattendu d’un chemin, d’une table d’hôte dressée pour un matin, d’une déclinaison des chagrins vers des passés pas si simples …

En voici une ; celle d’un brave ; un ancien de la Grande Guerre, arrêté à Tarbes par de gestapistes bras en 43, emprisonné, probablement torturé, puis amené en Allemagne dans un camp de travail d’où il ne reviendra pas … Sa faute, il appartenait à un réseau de résistance qui faisait passer en Espagne des familles, israélites entre autres, pour les sauver du plus grand massacre que le totalitarisme ait pensé et réalisé …

En voici une autre à la même époque ; celle d’une famille israélite entière déportée dans les camps, par le même totalitarisme, seule une adolescente reviendra de cet endroit  irracontable ; elle s’établit en France et en 47 donne la pauvre petite lumière qui lui reste à un enfant avant de partir ensemble pour l’Australie …

La première petite histoire aurait pu rencontrer la seconde … Et le brave résistant, passeur bénévole aurait ainsi sauvé toute la famille en indiquant le chemin vers la lumière douce de la toute proche Espagne … Précisons que les passeurs, à cette époque, n'étaient pas rémunérés pour ce travail difficile et prenaient de très gros risques ...

Seulement voilà, ces petites histoires-là, à cette époque-là, ne se rencontrèrent pas ; parfois il faut savoir attendre …


Passons à d’autres petites histoires, plus actuelles … mais qui sait …

 

En voici une ; celle d’un ancien séminariste d’une France d’avant-guerre, maintenant un  bel ancêtre, portant fièrement la nonantaine, et qui souvent balade sa mémoire intacte par les chemins de traverse de son enfance un peu rude …

 

En voici une autre, celle d’un australien qui voulut revenir visiter cette très lointaine France qu’ils avaient quitté, en partance pour des ailleurs meilleurs, après-guerre, tout petit, serré dans les bras de cette femme revenu seule des camps

 

Les quelques lecteurs improbables de cette chronique intimiste pourront imaginer que l’ancêtre serait l’ainé des enfants du pauvre petit passeur de Tarbes et que notre australien visiteur serait celui de l’adolescente revenu seule des camps de concentration …

Et, si le lecteur est romanesque, il pourra envisager que, plus d’un demi-siècle après la libération des camps, l’enfant du résistant et celui de l’adolescente se sont rencontrés autour d’une table d’hôte dressée pour un matin, quelque part là-bas en contrée de France bourguignonne … Il se dira, le lecteur, que notre planète est bien petite, que notre Histoire est bien trop grande et que nos petites histoires sont parfois mignonnes …


Voilà, ils se sont rencontrés, presque retrouvés … Et ils étaient sauvés du massacre ; sauvés par celui qui n’était pas revenu, sauvés par celle qui était revenue toute seule ; sauvés par tous les passeurs de rêves, les passeurs de mémoire qui mettent nos lointains souvenirs à l’abri de l’oubli et nous protègent contre l’indifférence, les négateurs, les menteurs et autres les dictateurs …

 

 

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